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1er septembre 2003 : mort de Serrano Súñer.

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1er septembre 2003 : mort de Serrano Súñer.

Message par Jean Bart le Lun 1 Sep - 15:23

1er septembre 2003 :
mort de Serrano Súñer.









Ramón Serrano Súñer est né à Carthagène en 1901.




Il fait des études de droit à l’université centrale de Madrid
et préside l’Association professionnelle des étudiants,
dont le secrétaire était José Antonio Primo de Rivera.



Il s’entend si bien avec José Antonio Primo de Rivera
qu’il est en 1936 son exécuteur testamentaire.



Il vit à Saragosse et y rencontre Zita Polo y Martinez-Valdès
qu’il épouse à Oviedo le 6 février 1932, ce qui en fait le beau-frère de Franco
qui avait épousé l’autre sœur.
Franco et José Antonio Primo de Rivera furent ses témoins lors du mariage
,
et se rencontrèrent à cette occasion.

Súñer et Zita auront six enfants.



Súñer siége parmi les conservateurs aux Cortes de 1933 à 1936.
Il se présenta d’abord pour l’Union des droites de Saragosse, puis, en 1933,
fut élu dans la même circonscription sur les listes
de la Confédération espagnole des droites autonomes (CEDA).



Il s’implique dans la conspiration contre le Front populaire,
en tentant notamment d’organiser une réunion, en mars 1936,
entre Franco et José Antonio Primo de Rivera, qui n’eut finalement pas lieu.



Après le déclenchement de la Guerre d’Espagne, il soutint Franco et est à la tête de la Falange.



En juillet 1936
, il est arrêté à Madrid pour conspiration contre la République,
et détenu dans la prison Modelo.
Après avoir été transféré grâce à des amis dans une clinique pour des (faux) soins gastriques,
il s’évade en octobre 1936, déguisé en femme.
Il rejoint le consulat hollandais, d’où il obtint un faux certificat le faisant passer
pour un militaire républicain, ce qui lui permet de rejoindre Alicante.
De là, il rejoint Marseille à bord d’un navire argentin, puis se rend à Biarritz,
Hendaye et enfin Salamanque le 20 février 1937,
ville où siège le gouvernement provisoire des insurgés franquistes.




Ses deux frères sont fusillés en novembre 1936 par les Républicains à Aravaca près de Madrid
.



Il rédige le décret d’unification du 19 avril 1937 qui fusionne tous les partis politiques
du camp franquiste au sein de la Falange Española Tradicionalista y de las Juntas
de Ofensiva Nacional Sindicalista
(FET y de las JONS).
Il est nommé président de la Junta Política.



Il se charge ensuite de la Ley de la Administración Central de Estado,
qui remplaçe la Junta de Defensa Nacional, exclusivement composée de militaires,
par la Junta Técnica del Estado présidée par Franco.



Súñer convainc Franco de l’importance de créer un véritable gouvernement
et négocie sa composition avec celui-ci.



Il devient ainsi ministre de l’Intérieur dans le premier gouvernement franquiste
formé en janvier 1938, poste qu’il conserve jusqu’en 1940
(en décembre 1938, il devint ministre du Gouvernement,portefeuille résultant de la fusion
entre le ministère de l’Intérieur et celui de l’Ordre public), et cumule ce portefeuille
avec celui de ministre de la Presse et de la Propagande de 1939 à 1940.



Il est le rédacteur principal du Fuero del Trabajo,
loi organique du 9 mars 1938 inspirée de la Charte du travail fasciste.



Chargé de la propagande, il crée l’agence de presse d’État EFE et fait promulguer
la Ley de Prensa e Imprenta qui établit une censure préalable à toute publication ,
celle-ci sera abrogée en 1966.



Chargé de la reconstruction en tant que ministre du Gouvernement,
il crée l’organisme Regiones Devastadas(2 mars 1938) et crée aussi,
par décret, la ONCE (organisation nationale des aveugles).



Après la défaite des Républicains et la formation du deuxième gouvernement franquiste,
Súñer est nommé aux Affaires étrangères, portefeuille qu’il conserve jusqu’en 1942.
Il parvint à mettre en place des relations solides avec le Duce Benito Mussolini.



Le 13 septembre 1940
, il part pour l’Allemagne avec plusieurs autres personnes,
dont Demetrio Carceller Segura, Miguel Primo de Rivera (frère de José Antonio),
Dionisio Ridruejo, Antonio Tovar, Manuel Halcón et Miguel Mora Figueroa.
Il put ainsi organiser l’entrevue d’Hendaye du 23 octobre 1940, au cours de laquelle
lui et Franco rencontrent Hitler pour discuter d’un engagement éventuel de l’Espagne
dans la Seconde Guerre mondiale.


(Súñer et Hitler)




Súñer tente de convaincre Franco de rejoindre l’Axe,
mais les demandes respectives des deux États sont jugées irréalistes :

-Hitler réclame l’usage de bases aériennes et une des îles des Canaries,

- tandis que Franco réclame Gibraltar et les colonies françaises d’Afrique du Nord,
ce qui mettrait en péril la collaboration avec l’Etat Français.



Le 12 février 1941
, il accompagne Franco à Bordighera pour une rencontre
entre le Caudillo et Benito Mussolini.
Là encore, Mussolini ne réussit pas à convaincre Franco d’entrer en guerre
aux côtés des forces de l’Axe ; Franco persévère à émettre des conditions jugées trop élevées, prix à payer pour l’engagement de l’Espagne.



(Súñer, Franco et le Duce)



L’Espagne resta donc officiellement neutre, devenant un État «non-belligérant».
Sur proposition de Súñer, elle envoi en 1941 la División Azul
(environ 50 000 hommes) sur le front de l’Est, sans entrer officiellement en guerre.



(Monument dédié à la División Azul)

Même s’il travaille la plupart du temps dans le même sens que Franco,
Súñer s’oppose à l’influence croissante de l’Église catholique dans la politique de la Falange,
et revendique le rôle révolutionnaire de celle-ci.



De plus, Suñer, qui s’oppose à l’influence croissante des conservateurs aux dépens
des pro-fascistes, accuse Franco de mettre en place un véritable culte de la personnalité .

Mai 1941  marque un arrêt dans la politique phalangiste:

- Franco décide en effet de diminuer  son influence, en nommant Fidel Dávila
chef du Haut État-major et en rétablissant le portefeuille ministériel du Gouvernement,
attribué au monarchiste antiphalangiste Valentín Galarza.

La crise de mai 1941
fut aussi le début de l’ascension de Carrero Blanco,
lequel prône la neutralité et la mise au pas des phalangistes
et devient un proche conseiller de Franco.
Par ailleurs, José Luis Arrese Magra, l’un des protagonistes de la crise
et adversaire de Serrano, est nommé secrétaire général des FET y de las JONS.


Le 3 septembre 1942
Serrano Suñer est écarté lors du remaniement ministériel
et doit par ailleurs démissionner de son poste de président de la junte du parti unique
(FET y de las JONS).



Súñer finit par se retirer de la vie publique en 1947,
et se tourne vers une carrière judiciaire ,il est avocat, ainsi que procureur jusqu’en 1957.
Il est aussi président d’honneur de la Radio Intercontinental, dont il avait posé les bases
en tant que ministre de la Presse et de la Propagande et qui commence à émettre en 1950.



Il devient également un ami intime d’Oswald Mosley,
le fondateur de la British Union of Fascists (BUF).



Ramon Serrano Suñer recoit le 7 novembre 1960 le Gal Salan et lui organise son séjour
de près de six mois en Espagne jusqu’à son retour en Algérie pour participer au putsch.

C’est à Madrid, en février 1961, qu’autour de Salan, Susini et Lagaillarde,
naît l’idée de fonder l’OAS.

Susini écrira :

« Je travaillais à l’hôtel de Salan.
J’écrivais un projet de constitution.
Je mettais au point un plan de mobilisation d’une garde nationale
des Français d’Algérie pour tenir le territoire après le soulèvement. […]
Je pensais qu’il fallait expulser le contingent, le renvoyer en France,
prendre notre défense en main
»


Le jeune député poujadiste Jean-Marie Le Pen
vient rencontrer à Madrid Salan et les autres acteurs de l’OAS.

Pour Salan, Susini et le « groupe de Madrid », le putsch a un modèle :

- le coup d’Etat de Franco en 1936.

Ferrandi explique que seul Serrano Suñer peut leur apporter l’aide dont ils avaient besoin :

« Lui seul en effet est en mesure de nous assurer une possibilité de départ clandestin.
[…]
C’est avec un véritable enthousiasme qu’il nous promet son aide
[…]
Il a conservé tout un réseau d’anciens fidèles, survivants de la guerre civile,
hommes d’actions efficaces sur lesquels nous pourrons compter.
[…]
Notre affaire leur rappellera les “coups” du bon vieux temps
»




Dans ce réseau, figure en particulier Carlos Texidor y Rodríguez-Santamaría,
un phalangiste qui avait combattu au sein de l’escadrille Azul sous le commandement
du général von Richthofen.
C’est lui qui pilote l’avion affrété par Serrano Suñer à bord duquel prennent place Salan,
Susini et Ferrandi, qui part le 23 avril à l’aube de l’aéroport de Madrid-Barajas
pour celui d’Alger-Maison Blanche…






À son décès en 2003, à près de 102 ans,
il est le dernier haut dignitaire franquiste encore en vie.






Quelque mois avant sa mort, il avait été l’un des 35 visés par la plainte instruite
par le magistrat Baltasar Garzón pour «détention illégale et crimes contre l’humanité.»







Source :  study



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