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Les JO de Berlin en 1936 : Légendes et réalité.

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Les JO de Berlin en 1936 : Légendes et réalité.

Message par Jean Bart le Lun 19 Aoû - 14:50



Les JO de Berlin en 1936

Légendes et réalité.









- Table des matières -



- Quelques faits utiles à rappeler 2


- Des Jeux magnifiques. 2


- Deux-poids-deux-mesures. 2


- Quand l’autorité a du bon. 3


- Contre les chrétiens bornés. 4


- Sympathie allemande pour la France. 4


- De quel côté du Rhin de trouvaient les « méchants » et les « revanchards » ?. 6


- Hitler bénéficiait d’une protection minimale dans ses déplacements. 6


- L’Allemagne hitlérienne, pays païen ?. 6


- Les légendes malveillantes. 7


- Deux remarques préliminaires. 7


- Impudence éhontée…... 8


- Aucun racisme en Allemagne. 8

- Jesse Owens ovationné par le public allemand. 9


- Un mensonge éhonté de la Libre Belgique en 1986. 9


- Hitler aurait dû quitter la tribune le 3 août 9


- Pourquoi, le 3 août, Hitler n’a pas serré la main à J. Owens. 10


- Ne jamais tirer de conclusions hâtives. 10


- De nombreux incidents qui pourraient être exploités. 11


- Londres 1908. 11


- Stockholm 1912, un peau-rouge disqualifié. 11


- Paris 1924, une équipe US agressée. 11


- Amsterdam 1928, absence de la reine. 12


- Ce fameux 4 août 1936. 12


- Une légende démentie. 12


- Hitler n’a pas quitté la tribune officielle. 12


- J. Owens félicité par son adversaire et acclamé par le public. 13


- Un document qui lave les accusations de racisme. 13


- Le racisme de Hitler exposé dans Mein Kampf. 13


- La victoire de J. Owens ne remettait pas en cause les théories racistes de Hitler15


- Le seul incident « raciste » des JO de Berlin. 15


- Conclusion. 16




Il y a près de 77 ans, le 1er août 1936,s’ouvraient les Jeux olympiques de Berlin.
(voir photo).


Comme tout ce qui entoure le régime national-socialiste, ces Jeux ont été
et restent l’objet de légendes malveillantes.
La principale prétend que, le 4 août, Hitler aurait précipitamment quitté
la tribune officielle, ulcéré et atterré par la large victoire du noir américain
Jesse Owens sur l’aryen Luz Long dans l’épreuve du saut en longueur.

Deux chercheurs, en particulier, se sont attachés à tordre le cou à ces rumeurs infondées :

- Robert Faurisson, qui a rédigé un texte mis en ligne sous le titre :
« Mythes juifs autour des JO de Berlin (1936) »[1],
et Philippe Gauthier, auteur d’un ouvrage intitulé Le racisme anti-allemand.[2]
Leurs travaux sont décisifs et je n’aurai pas la prétention de faire mieux.
J’invite mes lecteurs qui ne les connaîtraient pas encore à s’y reporter d’urgence.



Si j’ai tout de même choisi d’écrire sur le sujet, c’est uniquement parce
que je l’ai étudié d’une manière différente.
Alors que R. Faurisson et P. Gauthier se sont principalement appuyés
sur des documents écrits bien après coup, j’ai lu les comptes rendus parus
dans la presse quotidienne au moment des faits.
Cette lecture me permet aujourd’hui d’apporter certaines précisions
sur ces Jeux devenus tabous.



Quelques faits utiles à rappeler
Des Jeux magnifiques.



Je passerai rapidement sur la magnificence de ces olympiades (voir photo).



Le 30 juillet 1936, l’ambassadeur de France à Berlin, M. François-Poncet,
déclara aux athlètes français qui venaient d’arriver :




"Les jeux auxquels vous allez prendre part, ont été organisés par l’Allemagne
avec une ampleur, une splendeur jamais atteintes".
. [3]



Le lendemain, l’envoyé spécial de Paris-Soir, Gaston Bénac, écrivit :




"L’organisation, le cadre sont tellement grandioses et tout a été poussé si loin
dans chaque spécialité,dans le moindre détail,qu’on a l’impression que les Allemands
ont voulu jouer un bon tour aux Américains, les princes des records du monde
en toutes choses […].

On a voulu faire grand et battre des records. Je crois qu’on a pleinement réussi".
[4].


Deux-poids-deux-mesures.



Il faut en effet savoir que les précédents JO avaient été organisés à Los Angeles.
A cette occasion, la métropole californienne avait organisé une cérémonie
d’ouverture d’une ampleur sans précédent dans l’histoire des jeux :


- Cent cinquante chanteurs,

- trois cent musiciens,

- des fanfares placées aux quatre coins du stade, au total trois mille exécutants :
jamais une cérémonie olympique n’a mobilisé autant d’acteurs
.[5]



Autre nouveauté remarquable,sur un terrain nu, les organisateurs avaient construit
(en préfabriqué) un « village olympique » chargé d’accueillir les participants,
ce qui marquait « une révolution dans l’histoire des Jeux » :



Les pavillons sont très confortables.
Ils comportent deux pièces, plus une salle de bain et des toilettes […].
Les athlètes ont aussi à leur disposition des restaurants, des salles de jeux,
des bibliothèques, une banque, une poste et même un cinéma en plein air
de deux mille places"
[Ibid., p. 60.].



De façon évidente, à une époque de crise économique, la plus grande démocratie
du monde avait tenu à redorer son image de marque en démontrant
qu’elle savait entreprendre efficacement.
Aujourd’hui, personne ne critique cette façon , naturelle ,d’agir.
Mais il n’en est pas de même lorsqu’il s’agit de l’Allemagne hitlérienne.
Le 7 juillet dernier, à propos de la magnificence des Jeux de 1936,
un quotidien belge écrivit :



" Les nationaux-socialistes ont instrumentalisé le sport pour servir leurs desseins.
Le stade olympique est ainsi devenu le symbole de l’architecture
et de la propagande fascistes".
[6].



C’est toujours la même chose :

ce qui est autorisé de la part des « bons » ne l’est jamais
lorsqu’il s’agit des « méchants ».


Quand l’autorité a du bon


La première victoire des Jeux fut remportée par l’Allemande T. Fleischer
au lancer du javelot.
Par la suite, les performances de ses compatriotes démontrèrent les progrès
vertigineux accomplis par l’athlétisme allemand depuis 1932.
Le 3 août 1936, l’envoyé spécial du Matin écrivit :

« Voilà le résultat de l’éducation physique préconisée,
encouragée et peut-être même imposée ici à bon escient
»[7].
Le lendemain, il revint sur le sujet, précisant :




"Il est toujours très délicat d’établir des comparaisons entre des nations
et de sembler vouloir abaisser l’une pour élever l’autre.
N’oublions pas cependant que l’athlétisme français, qui se défendait très bien
en 1908 aux Jeux de Londres alors que l’athlétisme allemand était inexistant,
est maintenant nettement, ridiculement dépassé par celui-ci :
parce qu’en Allemagne l’éducation physique a été comprise et appliquée
comme il fallait le faire avec un très large enseignement officiel, alors que
chez nous l’éducation physique, s’étiolant dans les limbes, se trouve toujours
à l’étude dans des commissions, des sous-commissions […].

On dira qu’un championnat et qu’un record, même olympiques, ne font pas
le bonheur d’une nation. Oui certes, mais ils contribuent à son prestige,
à sa puissance, parce que l’enfant pratiquant les exercices en plein air devient fort,
sain et solide. On dirait vraiment que les Français ont oublié l’histoire grecque.
Les Allemands, eux, en ont fait profit".
. [8]



Alors que les jeux se terminaient et que les premiers bilans étaient dressés,
l’Allemagne devançant nettement la France avec 31 victoires dans les différents
sports contre 7, l’envoyé spécial conclut :




"On peut mesurer le chemin énorme parcouru par le sport allemand
depuis 1932 à Los Angeles où il était crédité de 3 victoires.
Passer de 3 à 20 [sic : lire « 31 »]
est un résultat qu’aucune nation n’a obtenu depuis que les jeux existent.
Détrôner les Etats-Unis de leur piédestal [ils arrivaient derrière l’Allemagne
avec 24 victoires] est encore un résultat formidable qui prouve que
quand on veut, on peut".
. [9]



Nous retrouvions là, appliquée au sport, toute la différence qui existait
(et qui existe) entre le parlementarisme décadent et les régimes forts.
Un régime fort peut, parce qu’il veut ; un régime parlementaire ne veut plus rien,
si ce n’est survivre le plus longtemps possible pour assurer les prébendes…



Contre les chrétiens bornés.



J’en profite pour écarter un argument trop souvent invoqué par les chrétiens
bornés contre le national-socialisme.
Ces individus prétendent que le sport de masse, avec pour objectif
un développement harmonieux des corps,serait le symptôme d’un « naturalisme » insupportable.
S’appuyant sur la première épître de saint Paul aux Corinthiens selon laquelle
« Dieu a choisi dans le monde ce qu’il y a de plus faible
pour confondre les forts
»[10],
ils présupposent que l’amour de Dieu ne peut s’épanouir que chez les êtres
qui répriment leur nature, donc qui méprisent leur corps.
D’où cette méfiance pour la culture physique que l’on retrouve
chez de nombreux « tradis ».

Or, comme l’ont écrit les théologiens de l’Ami du Clergé :

« plus l’œuvre de la nature sera parfaite et plus l’œuvre
de la grâce deviendra facile » ; et encore :
« plus le naturel sera parfait et plus la correspondance des deux ordres
[l’ordre naturel et l’ordre surnaturel] s’affirmera
»[11].
Autrement dit :
un corps sain est un réceptacle privilégié pour la grâce divine.

L’extrait de saint Paul cité contre cela ne signifie nullement qu’il devrait y avoir
opposition ou même absence de correspondance entre l’ordre de la nature
et l’ordre de la grâce. En vérité, l’apôtre évoquait son ministère à Corinthe,
face à des personnes qui appréciaient la « sagesse philosophique »
dont il était lui-même dépourvu.
Fort de son expérience à Athènes, Paul rappelait que ni la philosophie,
ni l’éloquence, ni les artifices du langage ne convertiraient le monde
et qu’aux subtilités de la philo il fallait opposer la simplicité d’esprit.
Son message se bornait à dire cela.

Comme l’a écrit F. Prat :

« Il [S. Paul] n’affirme pas absolument que sa méthode
soit la seule bonne, mais elle était la seule applicable à Corinthe,
dans ce milieu d’esprits raisonneurs, prévenus d’une fausse sagesse
contre laquelle les meilleurs arguments seraient venus se briser
»[12].
Et l’Ami de conclure :


"Il s’agit donc d’un cas particulier à l’Eglise de Corinthe, situation tout extérieure,
et qui n’a rien à voir avec les rapports de la nature et de la surnature".
[13].



Voilà pourquoi on, ne saurait opposer saint Paul aux partisans de la culture physique.
On ne le répètera jamais assez :

- le bon catholique n’est pas un être pâle, chétif et gauche, occupé toute la journée
à prier et à réprimer ses penchants naturels ;

- c’est un être bien développé,aimant la vie et la nature…



Sympathie allemande pour la France.



Autre aspect oublié de ces JO :

-  la sympathie manifestée pour la France par les Allemands.

Elle fut si nette que les auteurs de la rétrospective intitulée Olympiades
n’ont pas pu l’occulter :
«Les Français, écrivent-ils, ont obtenu un succès
assez surprenant dans les circonstances actuelles
»[14].
Mais ils s’empressent de relativiser le fait en soulignant :


"Il est vrai qu’en passant devant la tribune officielle
,
[les athlètes français]

avaient fait le salut olympique, que la foule avait pris pour le salut hitlérien"
.
[15]


Les spectateurs auraient donc applaudi non les Français,
mais des étrangers qui saluaient le Führer.

C’est cependant oublier que les Allemands n’avaient pas attendu la cérémonie
d’ouverture et le salut pour manifester leur sympathie aux Français.
Dès leur arrivée à Berlin (le 30 juillet), les athlètes d’outre-Rhin
avaient été chaleureusement accueillis.
Dans sa livraison du 31 juillet 1936, Le Matin titra en première page :

« Les athlètes français participant aux Jeux olympiques de Berlin,
sont accueillis avec enthousiasme
»
(voir photo).


Plus précis, Paris-Soir écrivit :


"Décidément, les sportifs français sont toujours merveilleusement accueillis en Allemagne.
Dans la traversée des villes et des faubourgs, le train olympique qui se signalait
par les anneaux symboliques était l’objet d’enthousiastes saluts et de grands cris de joie.
De la frontière jusqu’à la capitale allemande, les nôtres sentirent cette présence réconfortante d’une amitié réelle. A l’arrivée à Berlin, ce fut pis encore.
Des milliers de gens avaient envahi la place de la gare pour acclamer l’équipe française".
[16].
(voir la manchette de Paris-Soir)



Plus loin, sous le titre : « Une arrivée triomphale »,
un autre envoyé spécial, qui avait assisté à l’arrivée des athlètes français
à la gare de Berlin, écrivit :



"La musique entonna aussitôt la Marseillaise et tous les Allemands qui se tenaient
sur le quai d’arrivée et les quais voisins levaient les bras pour saluer notre hymne
national et notre équipe.

Puis, son excellence M. Lewald, [juif] président du Comité [olympique] allemand,
prit la parole pour saluer de vive voix et de tout son cœur les deux cents Français
venus à Berlin pour faire honneur à nos couleurs nationales.

Et l’enthousiasme fut vraiment indescriptible lorsque M. Lewald termina son discours
par un cordial : « Vive la France ! »

Après quelques paroles de remerciements […], la cavalcade olympique
se mit en mouvement pour descendre lentement les escaliers.
Les champions de France Taris, Winter, Hostin, nos escrimeurs, nos rameurs,
nos nageurs furent vivement acclamés par le public.
De retentissants cris de : « Vive la France !... » furent aussitôt repris
par la foule jusqu’à ce que, vers une heure du matin, les autocars puissent démarrer"
[…] [Id.].



On le voit, les Allemands éprouvaient une très grande sympathie pour la France,
sympathie sincère et nullement due à un « salut hitlérien » qui aurait été effectué
la délégation française lors du défilé d’ouverture des Jeux.


De quel côté du Rhin de trouvaient les « méchants » et les « revanchards » ?



C’était d’autant plus extraordinaire qu’aux JO de 1924 à Paris, le gouvernement
français avait empêché la participation de l’Allemagne au motif
«qu’il n’était pas en mesure d’assurer la sécurité de la délégation germanique »[17].
Douze ans plus tard, l’Allemagne hitlérienne aurait pu rendre aux Français
la monnaie de leur pièce. Mais non !

- Oubliant cet affront,

- oubliant les odieux mensonges colportés sur son compte,

- oubliant la méfiance pathologique de sa voisine,
cette Allemagne hitlérienne accueillait la France à bras ouvert,
acclamant son hymne national et saluant chaudement ses représentants…

Vraiment, les « méchants » et les « revanchards » ne sont pas ceux que l’on prétend.



Hitler bénéficiait d’une protection minimale dans ses déplacements.



Ces Jeux confirmèrent également qu’en Allemagne, Hitler se déplaçait
avec une protection minimale et qu’il aurait été aisément possible de le tuer.
Le 16 août 1936, ainsi, jour de la clôture des JO, un événement insolite survint,
raconté en ces termes par un envoyé spécial de Paris-Soir :


Pour clore ces brillants Jeux, une spectatrice du stade de natation,
qui serait américaine si l’on en croit son signalement : grande, gesticulante etc.,
n’a pas voulu quitter Berlin sans avoir donné un baiser d’adieu au Führer.

Initiative difficile car, bien que le Chancelier circule en liberté, il est toujours
escorté d’une garde protectrice composée de beaux grands garçons,
ce qu’il y a de mieux né dans toute l’Allemagne, portant l’uniforme noir
des gardes d’assaut. Mais cela n’empêcha pas l’inconnue […] de forcer
cette garde et de se jeter sur le maître du Reich pour lui manifester son admiration.

— Un baiser, Excellence, un seul, dit-elle.

Et, à deux reprises, l’audacieuse plaque sa bouche sur la joue d’Adolf Hitler.

La foule, sidérées, s’était dressée. Mais comme le Führer n’avait pas bronché
et que son admiratrice, folle de joie, trépignait comme une fillette,
malgré sa quarantaine généreuse, cette foule l’applaudit bonnement"
[18].




L’Allemagne hitlérienne, pays païen ?



Pour terminer avec ces petits faits aujourd’hui occultés, soulignons que
le 1er août 1936, avant la cérémonie officielle d’ouverture, les membres
du Comité international olympique assistèrent
« à l’église catholique et au temple protestant à un service
à la mémoire des athlètes décédés
»[19].
Et une fois la flamme olympique allumée par l’haltérophile allemand Rudolf Ismayr,
« la chorale entonna l’Alleluia de Haendel »[20].


L’Allemagne hitlérienne, pays païen ? Permettez-moi de sourire…


A l’opposé, je rappelle qu’en 1900, aux JO de Paris, les organisateurs avaient
reporté les épreuves qui devaient se dérouler le samedi 14 juillet, jour de la fête
nationale (purement profane), au lendemain dimanche.
Cette décision, prise autoritairement, provoqua l’ire de la plupart des athlètes
anglais et américains, ceux-ci refusant de courir le jour du Seigneu.r[21]
Mais les organisateurs restèrent inflexibles.
C’est ainsi que le dimanche, il y eut beaucoup d’absents, en particulier l’Américain
Myer Prinstein, recordman du monde du saut en longueur, qui ne put participer
à la finale de l’épreuve et qui laissa la victoire à son compatriote,
l’israélite Alvin Kraenzlien.
Le soir, l’incident s’envenima et les deux hommes en vinrent aux mains,
ce qui provoqua une bagarre générale au sein de l’équipe américaine (Id.).



Les légendes malveillantes
Deux remarques préliminaires.



Mais venons-en à ce qui est encore aujourd’hui mis en avant :
les prétendus incidents « racistes »
qui auraient émaillé les JO de Berlin.



L’Allemagne victime de la discrimination en 1920 et 1924.



Au préalable, soulignons qu’en 1920 à Anvers puis quatre ans plus tard à Paris,
l’Allemagne avait été tout bonnement exclue des Jeux, alors que la paix avait
été signée depuis respectivement un et cinq ans.
Cette exclusion avait été décidée
« contre la volonté du baron de Coubertin »[22] qui,
en revanche, était opposé à la participation des femmes. [23]  



« Racisme » aux JO de 1904 à Saint-Louis (USA)



Soulignons également que le summum du « racisme » fut atteint au JO de 1904,
à Saint-Louis.
A l’époque, si l’on excepte quelques noirs américains, aucun « homme de couleur »
ne participait aux épreuves. [24]  
Afin d’offrir au monde un « spectacle sensationnel »,
les Américains organisèrent, pendant les Jeux,
deux « journées anthropologiques » (Anthropological Days) :


Il s’agissait de deux journées consacrées à des compétitions pour hommes
de couleurs, Africains, Patagons, Philippins, Aïnos, Turcs, Coropas du Mexique
et Sioux des Etats-Unis.
[25]
(voir photo)



Ce qui pouvait apparaître comme une louable volonté d’intéresser tout le monde
aux Jeux se révéla bien vite être une vaste entreprise de moquerie :


Il fallait voir ces hommes de tout âge, de toute taille, de couleurs variées
participer à ces épreuves sans avoir jamais entendu parler d’un disque qu’on lance,
d’une haie que l’on franchit, d’une piste qu’il faut couvrir une ou dix fois selon
la distance fixée.
Leurs gestes étaient forcément grotesques, leurs défaillances parfois poignantes.
Mais les gens riaient. Quand un pygmée lance un poids à trois mètres,
cela peut paraître drôle à certains. Nous trouvions cela révoltant".
[Id.].



A supposer que l’Allemagne hitlérienne ait organisé ces deux
« journées anthropologiques », on en parlerait encore aujourd’hui,
présentant ces épreuves comme une manifestation abominable du « racisme ».
Mais puisqu’il s’agit de la plus grande démocratie du monde, tout est oublié…



Impudence éhontée…



Ces rappels effectués, abordons le vif du sujet.
D’après l’histoire officielle, les Etats-Unis auraient :


hésité longtemps avant de décider leur participation à ces Jeux,
malgré la promesse faite au CIO par les Allemands de respecter la charte
olympique et de n’imposer aucune discrimination raciale ou religieuse.
[26]



Quand on songe aux « journées anthropologiques » des JO de 1904,
cette explication fait sourire.
D’autant plus que, 32 ans après, le racisme n’avait pas disparu chez les Américains ;
la preuve nous en est donnée par le correspondant de Paris-Soir qui,
le 22 juillet 1936, avait visité le bateau sur lequel avait pris place l’équipe US
pour se rendre à Berlin. Dans son reportage, on lit :



"Enfin, nous entrons dans la salle à manger où les athlètes viennent tour à tour
pour le breakfast. L’appétit est excellent et la gaieté règne.
Dans un coin, seuls à une table, trois boxeurs noirs mangent à belles dents
des tartines de confitures variées tandis que leurs camarades blancs
sont tous réunis autour d’une grande table
".[27]


Aucun racisme en Allemagne.



A l’opposé des boxeurs blancs américains, le public allemand, lui,
n’était nullement raciste.
Ainsi, personne n’a jamais prétendu que dans les stades allemands,
les gens de différentes couleurs auraient été séparés.
Or, parmi les spectateurs, toutes les races, ou presque, étaient représentées.
Le 8 août 1936, l’envoyé spécial de Paris-Soir écrivit :


Le stadium olympique, c’est la plus colossale Babel du sport qui n’ait jamais
été dressée.
Et je crois bien que sur les gradins, il n’est pas une seule race au monde,
blanche, noire, rouge ou jaune, qui manque à l’appel olympique".
[28]



Cette foule bigarrée vivait sans problème, sous le regard des policiers,
des SA et des SS allemands chargés de la sécurité.

Quant aux athlètes non-aryens, ils étaient estimés, admirés même.
Le 31 juillet, G. Bénac se plut à souligner pour Paris-Soir :


Berlin n’est peut-être pas secouée par un idéal nouveau, mais elle sacrifie en entier,
dans un but de propagande nationale, à une mode qui durera deux semaines
tout au moins, et qui semble plaire beaucoup à ses habitants, mode qui permet
au non-aryens, aux métis, aux noirs même, de devenir plus que des phénomènes
lâchés en liberté dans le Kurfurstendamm, des hommes différents de ceux d’ici,
des hommes que l’on admire".
[29]



Dans un autre article, il écrivit :



On est surpris surtout de voir combien les athlètes noirs sont appréciés
et admirés des Berlinois qui, jusqu’ici, semblaient manifester peu de sympathie
pour les hommes de couleurs".
[Id.]


Jesse Owens ovationné par le public allemand.



Deux jours plus tard, il souligna :


«Au stade olympique […] on doit cacher le noir Jesse Owens […]
à la curiosité des spectateurs
»[30].
Cet enthousiasme pour le champion noir américain se confirma le premier jour
des compétitions, lorsqu’il courut pour les éliminatoires du 100 m.
G. Bénac raconte :


Mais la douzième et dernière série réveille les spectateurs.
C’est, en effet, dans celle-ci que court le grand favori des 100 m,
le fameux noir Jesse Owens, que la foule acclame lorsqu’il se présente
sur la ligne de départ.
Mais quelle ovation lorsque le célèbre athlète américain, en foulées magiques,
lâche ses adversaires dès le départ, pour gagner sans pousser, semble-t-il,
avec 5 mètres d’avance sur le second.

[…] La foule se lève pour applaudir le champion à son retour au vestiaire.
Et lui, salue modestement de la main pour remercier.
Néanmoins, la surprise et l’enthousiasme se déchaînent aussitôt lorsque
le speaker annonce :

— Jesse Owens vient de couvrir les 100 mètres en 10 secondes 2/10,
ce qui égale le record du monde et le record olympique".
[31]



Un mensonge éhonté de la Libre Belgique en 1986.



Malgré ces témoignages indiscutables, le 1er août 1986,
La Libre Belgique osa publier une photo montrant J. Owens
sur la plus haute marche de podium à Berlin avec la légende suivante :
« Jesse Owens (23 ans) esseulé dans un stade hostile »[32]  
Sans commentaire…



Hitler aurait dû quitter la tribune le 3 août.



Le lendemain 3 août, la finale du 100 m plat vit s’affronter six coureurs :

- deux noirs américains (J. Owens et R. Metcafle)

- et quatre blancs :
l’Américain Wykoff, le Suédois Stranberg, le Hollandais Osendarp
et l’Allemand Borchemeyer.
Les deux noirs surpassèrent les quatre blancs, J. Owens étant arrivé premier
(en 10’’ 3/10), R. Metcafle deuxième (à 1/10) et Osendarp troisième (à 2/10).
(voir photo).


Si, vraiment, A. Hitler avait été le raciste que l’on présente, c’eût été le moment,
pour lui, de quitter le stade,ulcéré par la défaite des blancs dans cette course fétiche.
Or, il ne l’a pas fait :


"Arrivé aujourd’hui à 13 h 30 [pour la finale du lancer du marteau] et salué
unanimement par des Heil ! retentissants, il ne partit, à regrets qu’à 18 heures
avant les éliminatoires du steeple, mais aussi avant que la pluie, tombant à verse,
eût justifié le port sur le bras de l’imperméable".
[33].


«Le Führer assista donc non seulement à la victoire, mais aussi au couronnement
de J. Owens… « par une main féminine blanche
» (Id.).



Pourquoi, le 3 août, Hitler n’a pas serré la main à J. Owens.



Certains nous répondront que Hitler n’a pas serré la main du champion noir
après son couronnement, alors que la veille, il avait félicité l’Allemande
T. Fleischer, première médaillée des JO de Berlin grâce à sa victoire
au lancer du javelot. [34]  
C’est vrai mais les raisons sont ailleurs. La première est la suivante :

comme l’ont honnêtement rappelé les auteurs d’Olympiades,
le président du Comité international olympique, le comte Baillet-Latour,
avait aimablement rappelé à Hitler que, selon le protocole, le chef de l’État
du pays organisateur n’avait pas à récompenser les lauréats.
(voy. Olympiades…, p. 63).
Voilà pourquoi le Führer se contenta de recevoir, à titre personnel
(donc comme simple compatriote), les vainqueurs allemands. [35]  
A ma connaissance, il fit une exception pour l’Américaine Miss Stephens,
vainqueur du 100 m féminin, qu’il félicita. [36]

La deuxième raison est plus triviale encore :

- le lendemain 4 août, un journaliste français interrogea J. Owens.
A la question : « Est-ce que le Führer vous a reçu ? »,
le champion secoua la tête et répondit simplement :


"Non. Immédiatement après la cérémonie olympique, je me suis rendu
dans la cabine cinématographique pour voir mon propre film.
C’est réconfortant de constater qu’on a en réalité fait les 100 mètres en 10’’ 3/10
et quelque chose".
[37]



C’est clair : Hitler n’a pas eu à saluer J. Owens tout simplement parce que celui-ci,
ayant hâte de voir sa prouesse, alla voir le film de la course immédiatement
après son couronnement…


Ne jamais tirer de conclusions hâtives


Cette dernière explication confirme qu’il faut être très prudent au moment
d’interpréter un fait historique.
Trop souvent, on en tire des conclusions conformes à nos a-priori, pas à la réalité.

Qui se souvient par exemple qu’à ces JO de Berlin, en haltérophilie
(catégorie des poids légers), l’Égyptien A. Mesbah termina premier à égalité
avec l’Autrichien R. Fein ?
Par la suite, ce dernier refusa de participer à la cérémonie du couronnement.
Raconté sans autres explications, cet incident sera interprété comme
une manifestation du racisme de l’Autrichien qui n’aurait pas voulu être récompensé
à côté d’un « bicot ».
Mais la vérité est ailleurs : le règlement précisait qu’en cas d’égalité,
la victoire irait au plus léger.
Après passage sur la balance, il se révéla que l’Autrichien était plus lourd,
donc qu’il serait classé deuxième, ratant ainsi la médaille d’or.
D’où la colère de l’athlète. C’est ainsi qu’au moment du couronnement,
« Fein, qui ne décolérait pas ne parut pas »[38].
On le voit, cet incident n’avait aucun caractère « raciste » ;
il était simplement dû à l’orgueil froissé d’un athlète s’estimant lésé par le règlement.



De nombreux incidents qui pourraient être exploités
Londres 1908.



Dans tous les Jeux, des « incidents » similaires pourraient être exploités
de façon malveillante. Il y en eut de nombreux, à Londres, en 1908.
Mentionnons tout d’abord la disqualification de l’Italien Pietri,
pâtissier de son état, vainqueur du marathon. Racisme anti-italien ? Non.
La disqualification eut pour cause le fait que, quelques mètres avant la fin,
le coureur, littéralement agonisant, s’était effondré et avait été quasiment porté,
sous les encouragements du public, par les médecins, des officiels et l’organisateur
du marathon jusqu’à la ligne d’arrivée.
Or, le règlement précisait que le coureur devait couvrir les 42 km sans aide
extérieure (même s’il ne l’avait pas sollicitée).

Il y eut ensuite l’annulation de l’épreuve du kilomètre cycliste remportée de justesse
par le Français Schilles devant l’Anglais Jones.
Manifestation du racisme anti-français traditionnel chez les Britanniques ?
Non, faute du règlement selon lequel le temps limite du kilomètre était
d’1 minute 45 secondes ; or, Schilles l’avait parcouru en 1 min 45s et… 4/10.



Stockholm 1912, un peau-rouge disqualifié.



En 1912, à Stockholm, le grand vainqueur du décathlon, l’Américain d’origine
indienne James Thorpe (de son vrai nom Wa-Tho-Huck : « Sentier Brillant »)
fut finalement disqualifié. Racisme des blancs à l’encontre des « hommes de couleur »
(ici un peau-rouge) ? Non.
A l’époque, les athlètes professionnels étaient interdits aux JO.
Or, il se révéla qu’en 1909-1910, J. Thorpe avait touché 25 $ par semaine
pour jouer dans une ligue de base-ball de Californie.
Il devait donc être disqualifié comme professionnel. [39]




Paris 1924, une équipe US agressée.



En 1924, à Paris, le Gallois qui arbitrait la finale de rugby France-USA faillit
être lynché par le public, le drapeau américain fut lacéré, un joueur de l’équipe
américaine fut assommé à coups de bâton et ses coéquipiers ne purent quitter
le stade qu’escortés par la police. Racisme anti-anglo-saxon ?
Volonté de se venger de l’action du Président Wilson lors des pourparlers de paix
en 1918-1919 ?
Non, public rendu furieux par la défaite surprise de la France qui partait
grande favorite après avoir éliminé les Britanniques et écrasé la Roumanie.


Amsterdam 1928, absence de la reine.



Terminons cette liste (non exhaustive) avec les Jeux d’Amsterdam en 1928.
La cérémonie d’ouverture se déroula sans la reine Wilhelmine qui délégua
le prince consort Hendrik.
Sachant que, pour la première fois depuis 1912, l’Allemagne avait été autorisée
à participer aux jeux, on pourrait croire que la reine s’élevait contre le retour
des « Huns ».
Mais en vérité, cette bonne calviniste n’avait rien contre l’Allemagne ;
elle entendait très probablement protester
« contre le déroulement de certaines épreuves le dimanche
et contre le caractère païen des Jeux olympiques
»
[Voy. Olympiades…, p. 53.].



Ces quelques rappels démontrent qu’il faut être prudent au moment d’interpréter
un incident, quel qu’il soit. Très souvent, l’origine est très terre-à-terre,
sans aucun rapport avec une quelconque idéologie.



Ce fameux 4 août 1936.



Le 4 août fut le jour de la finale du saut en longueur.
Au terme d’une lutte haletante, J. Owens battit l’Allemand Luz Long
avec un saut de 8 m 06 contre 7 m 87 pour son adversaire.
(voir photo)


C’est à cet instant que se place le fameux incident tant de fois décrit et commenté :

- voyant que le noir avait gagné,ce qui contredisait toutes les thèses racistes
sur la « race supérieure » ou la « race des seigneurs », Hitler aurait immédiatement
quitté la tribune afin de ne pas avoir à le féliciter.



Une légende démentie.



Ce que nous avons écrit plus haut sur les règles du protocole olympique
suffit pour démentir cette légende malveillante.
Les auteurs d’Olympiades ont d’ailleurs l’honnêteté d’écrire :


"Quant au Führer, il avait quitté depuis quelques instants la tribune officielle.
Certains ont aussitôt insinué qu’il était parti pour ne pas être obligé de congratuler
à son tour l’athlète de couleur américain, vainqueur de son adversaire aryen.
C’est une version que nous ne pouvons accréditer.
Le protocole olympique est formel :
il n’appartient pas à un chef de l’État de récompenser les lauréats."
[40]



Hitler n’a pas quitté la tribune officielle.



En vérité, Hitler n’a même pas quitté la tribune officielle.
Je fonde mon affirmation sur la presse de l’époque.
Tous les comptes rendus que j’ai consultés sont muets à propos
de ce prétendu incident.
Aucun envoyé spécial n’a évoqué un départ inopiné d’Hitler.
Bien au contraire,le journaliste du Matin,auteur de comptes rendus précis,écrivit :


"Le Führer ne les manquera certainement pas demain

[les finales du 200 m plat].

Arrivé aujourd’hui au stade à 15 h 30, il n’en partait qu’à 18 heures
après le couronnement de Owens".
 
[41].



« Après le couronnement d’Owens »,
et non pas « après la victoire ».
On ne saurait être plus limpide;de façon évidente, Hitler n’a pas précipitamment
quitté la tribune officielle, sans quoi l’observateur attentif du Matin l’aurait souligné.




J. Owens félicité par son adversaire et acclamé par le public.



Ajoutons à cela qu’après sa victoire avec un bond étonnant à plus de 8 m,
J. Owens a été félicité par L. Long et ovationné par le public allemand :



Malgré tout ce qui les sépare, les deux champions sont allés l’un vers l’autre
et Long a été ainsi le premier à féliciter Owens.
Pendant ce temps, le public allemand acclamait les protagonistes
de ce fantastique duel".
[42]



Non seulement l’athlète allemand n’a pas été tancé pour son geste sportif,
mais aussi, son amitié avec le noir américain a été immortalisée dans l’album
photographique en deux volumes consacré aux Jeux et édité en Allemagne dès 1936
(voir photo).


Un cliché montre les deux sportifs, allongés l’un à côté de l’autre
en train de converser amicalement.
(voir photo)  


Un document qui lave les accusations de racisme.



R. Faurisson souligne que dans l’album photographique allemand consacré aux Jeux,
Hitler est montré six fois,J. Owens sept fois et les athlètes noirs en général douze fois.
De mon côté, j’appelle l’attention du lecteur sur un dessin très sympathique montrant
J. Owens âgé entre deux chênes.
(voir dessin)  


Ce dessin s’explique quand on sait qu’à Berlin, les vainqueurs des épreuves
recevaient un petit chêne dans un pot.
Le dessinateur avait donc imaginé J. Owens cinquante ans plus tard,
sous les traits non d’un singe grimpant aux arbres,mais d’un sympathique
grand-père entre ses deux chênes…

Cet album photographique en deux volumes suffit pour faire taire toutes les légendes malveillantes concernant le prétendu racisme primaire des « nazis ».
On a beau le lire et le relire, on n’y trouve aucune trace de haine raciale.
(voir autre photo).


Le racisme de Hitler exposé dans Mein Kampf.



Cette constatation pourra troubler celui qui croit connaître l’hitlérisme
en écoutant uniquement ce qu’en disent ses adversaires depuis plus de 70 ans.
Mais il ne surprendra pas celui qui aura eu la curiosité de lire Mein Kampf.
Celui-là sait en effet que jamais Hitler n’a dépeint l’aryen comme un surhomme,
voire un demi-dieu, qui aurait été supérieur en tout aux autres races.
Aujourd’hui, tout le monde parle à tort et à travers du racisme de Hitler,
car personne ne le connaît vraiment.
Les fondements profond de sa pensée sont exposés au tome premier
de Mein Kampf, chapitre X (« Les causes de la débâcle »), et plus particulièrement
pour l’édition française , aux pages 289-299.
Si on veut connaître le racisme hitlérien, c’est à ces pages qu’il faut se reporter.
Permettez-moi de vous servir de guide.



Dans un premier temps, Hitler constate
:


"Tout ce que nous avons aujourd’hui devant nous de civilisation humaine,
de produits de l’art, de la science et de la technique, est presque exclusivement
le fruit de l’activité créatrice des Aryens".
[43]



L’auteur ne conteste pas que d’autres peuples (les Japonais par exemple)
ont pu avoir une grande civilisation, mais il les présente comme de simples

«dépositaire[s] de la civilisation » bâtie primitivement par les aryens"

(pp. 289-291) :


Si l’on examine les différents peuples à ce point de vue, on constate qu’en fait,
presque partout, on a affaire non pas à des peuples qui ont primitivement
fondé la civilisation,mais presque toujours à des peuples qui en ont reçu le dépôt".
[Ibid., p. 291].



Puis, il explique que :


"Le mélange des sangs et l’abaissement du niveau des races, qui en est
la conséquence inéluctable, sont les seules causes de la mort des anciennes civilisations ;
car ce ne sont pas les guerres perdues qui amènent la ruine des peuples,
mais la disparition de cette force de résistance qui est la propriété exclusive du sang pur".
 [Ibid
., pp. 295-6].




Hitler en déduit
:

[…]
"tout événement historique est la manifestation d’un instinct de conservation
de la race, dans le bon comme dans le mauvais sens".
[p. 296].



On en vient alors au cœur du problème :

- Hitler admet sans être gêné que chez tous les peuples,
cet « instinct de conservation de la race » existe,
qu’il assimile d’ailleurs à l’instinct plus connu de conservation de la vie :
« la volonté de vivre, écrit-il,
est, considérée du point de vue subjectif, également forte chez tous les hommes
»
(Id.).

Dès lors, pourquoi seul l’Aryen serait-il capable de créer « la » civilisation ?
Hitler répond que tout réside dans la façon dont cet instinct se manifeste.
Chez « les races d’hommes de la plus basse espèce », dit-il,
«l’instinct de conservation ne va pas au delà du souci
que l’individu a de son moi
», d’où une organisation sociale
qui en reste « au stade familial » (pp. 296 et 297).

Chez les aryens, en revanche, l’instinct de conservation dépasse les limites
du seul moi, ce qui va lui permettre de sa sacrifier pour les autres :
« Cette disposition au sacrifice qui amène l’homme à mettre
en jeu son travail personnel et, s’il le faut, sa propre vie au profit
de ses semblables est particulièrement développée chez les Aryens
» (p. 297).
D’où la possibilité de « formation d’associations plus vastes
et enfin de véritables États
» (p. 296) :


Plus les hommes sont portés à rejeter au second plan leurs intérêts personnels,
plus grande est leur capacité de fonder des communautés étendues".
[p. 297].




Hitler conclut (c’est capital !)
:


« Ce qui fait la grandeur de l’Aryen, ce n’est pas la richesse de ses facultés
intellectuelles, mais sa propension à mettre toutes ses capacités au service
de la communauté
.
L’instinct de conservation a pris chez lui la forme la plus noble :
il subordonne volontairement son propre moi à la vie de la communauté
et il en fait le sacrifice quand les circonstances l’exigent.

Les facultés civilisatrices de l’Aryen n’ont pas leur source dans ses dons intellectuels.
S’il n’avait que ceux-là, il ne pourrait agir que comme destructeur, mais jamais
comme organisateur. Car la condition essentielle de toute organisation,
c’est que l’individu renonce à faire prévaloir son opinion personnelle aussi bien
que ses intérêts particuliers, et les sacrifie au profit de la communauté".
[p. 297].



La victoire de J. Owens ne remettait pas en cause les théories racistes de Hitler.



L’important, ici, n’est pas de discuter la pertinence de cet exposé, mais de souligner
que ces pages de Mein Kampf sont capitales si l’on veut comprendre
les fondements du racisme hitlérien. Jamais Hitler n’a prétendu que la Nature
avait doté l’aryen de faculté telles qu’il aurait été, dès sa naissance, un surhomme,
voire un demi-dieu, dépassant les autres sur tous les plans.
Pour celui qui allait devenir le Führer, la supériorité de l’aryen résidait
dans son génie créateur associé à un sens naturel du sacrifice pour la communauté.
C’était tout.

En particulier, Hitler ne prétendait nullement que l’aryen aurait été le plus fort physiquement. C’est pourquoi il a toujours insisté sur la nécessité du sport
dans l’éducation, afin de former des corps sains et forts,
(voy. Mein Kampf, pp. 408 et suivantes) ; preuve que, dans son esprit,
la « race supérieure » n’avait pas été mieux dotée que les autres sur ce plan-là.

Il est donc inepte de prétendre que, le 4 août 1936, Hitler aurait été ulcéré de voir
J. Owens battre L. Long au saut en longueur.
Sans doute le Führer a été blessé dans son orgueil national, mais cette défaite
ne remettait nullement en cause sa doctrine raciste.
Dans les années 30, personne ne contestait la supériorité générale des champions
noirs en athlétisme.



Plus de 70 ans après, les mensonges malveillants doivent cesser.
Jamais Hitler n’a précipitamment quitté la tribune pour ne pas avoir à serrer la main
de J. Owens. Plus généralement, les JO de Berlin n’ont nullement été l’occasion,
pour les Allemands, d’humilier les « hommes de couleurs ».
Bien au contraire, ceux-ci ont reçu un excellent accueil.
(voir photos: J. Owens avec une athlète allemande ; un athlète blanc battu à la boxe).







Le seul incident « raciste » des JO de Berlin.



Finalement, le seul réel incident « raciste » relevé aux JO de Berlin survint
au sein de l’équipe… américaine, à l’occasion des courses de relais.
A l’origine, l’équipe US était composée de Frank Wykoff, Foy Draper,
Sam Stoller et Marty Glickman.
Il s’agissait de quatre blancs, S. Stoller et M. Glickman étant en outre
les deux seuls athlètes juifs alignés par les USA. [44]  
Cette composition suscite une question :

- comment expliquer l’absence surprenante de noirs, et notamment des champions
J. Owens et R. Metcalfe, dans ce groupe ?
Les auteurs d’Olympiades écrivent :

[…]
" après le triomphe d’Owens en 200 mètres, l’entraîneur américain Lawson Robertson,
avait encore déclaré :
« Owens a déjà récolté assez de gloire et de médailles dans ces Jeux.
Il faut donner une chance à d’autres garçons de bénéficier du plaisir
de la cérémonie protocolaire".
»[45].



L’ennui est que cette explication ne s’applique qu’à J. Owens.
R. Metcalfe,lui, s’il s’était classé deuxième au 100 m plat,n’avait encore rien remporté.
Dès lors, pourquoi l’avoir tout d’abord écarté,alors qu’il représentait un atout de taille ?
La vérité a été révélée par le quotidien Le Matin.
Dans sa livraison du 9 août 1936, son envoyé spécial à Berlin expliqua :


Il avait été convenu que, dans les relais,comme on l’avait fait il y a quatre ans
à Los-Angeles, les noirs ne seraient pas confondus avec les blancs et, seuls,
sont admis dans le cénacle des blancs Owens et Lu Valle, qui est mulâtre".
 
[46]




On comprend qu’aujourd’hui, cette vérité politiquement très incorrecte soit occultée !




Au dernier moment, toutefois, le comité américain, qui craignait les équipes
hollandaise et allemande, revint sur sa décision.
J. Owens et R. Metcalfe furent choisis aux dépens des deux athlètes… juifs.
(S. Stoller et M. Glickman)
(voir photo)


Ce changement imposé en dernière minute fut l’occasion d’un « vif incident »
dans le « clan américain » :
« les athlètes américains de race blanche sont furieux »,
déclara l’envoyé spécial du Matin .[47].
De plus, S. Stoller et M. Glickman rentrèrent chez eux
« sans avoir concouru »[48].

Est-ce par ce qu’ils s’agit des Américains que nos belles consciences évitent
la plupart du temps de crier au racisme et à l’antisémitisme ?
Toujours le même deux-poids-deux-mesures…

Quand on sait enfin que la juive Hélène Meyer reçut, sous le drapeau allemand,
une médaille d’argent au fleuret individuel, on en déduit qu’au JO d’été à Berlin,
l’Allemagne hitlérienne aligna finalement plus de juifs que les USA !



- Conclusion -


Tout ce qui touche de près ou de loin le national-socialisme fait l’objet
de rumeurs malveillantes.
L’objectif est de noircir le vaincu de 1945, car sachant qu’il est l’incarnation du Mal,
rien de bon ne doit pouvoir être trouvé chez lui.
Dans ce contexte, les JO de Berlin en 1936 ne pouvaient faire exception.
Pour eux, les propagandistes ont taillé une légende sur mesure :

- celle d’un Hitler ulcéré qui quitte la tribune officielle suite à la victoire du noir
Owens sur l’aryen Long. Grâce à cette histoire :

a) le Führer est ridiculisé ;

b) ses thèses sur la supériorité raciale des blancs sont déclarées ineptes,
puisqu’il aurait suffi d’une seule épreuve olympique pour les contredire.

La force de cette propagande ne réside pas uniquement sur le mensonge.
Elle nécessite également d’occulter tout ce qui viendrait contredire la thèse officielle.
Pour le JO de Berlin, on cache non seulement les comptes rendus de presse
de l’époque, mais aussi le fameux album photographique en deux volumes publié
par les autorités allemandes après les Jeux.
Tous ces documents infirment qu’en 1936 à Berlin,les Jeux auraient été ceux du racisme.

D’où l’importance de la recherche historique libre.
Trop souvent, des gens me disent :

« Pourquoi toutes ces longues études sur l’Allemagne hitlérienne,
la vie dans les camps, la Milice, la Gestapo ?
Contentez-vous de réfuter les mensonges en eux-mêmes, c’est bien suffisant. »
Ce discours ignore que la seule réfutation du mensonge est généralement insuffisante.
Dans le cas des JO de Berlin, si je me contente de démontrer que, le 4 août,
Hitler n’a pas quitté précipitamment la tribune officielle, les gogos me répondront :
« D’accord, sur ce fait, on a peut-être inventé.
Mais tout de même, vous ne pouvez pas nier que, conformément à la doctrine nazie,
ces Jeux se déroulèrent dans une ambiance de haine raciale, que J. Owens
se retrouva “esseulé dans un stade hostile”… »
Le mensonge, c’est comme une plaie infectée :

- si on se contente de laver la croûte sans enlever le pus, on ne résout rien ;
il faut ouvrir et tout nettoyer en profondeur.


En Histoire, la croûte, c’est le mensonge en lui-même, le pus,
c’est l’occultation qui l’accompagne.
N’hésitons pas à inciser et à tout purifier
(voir photo)…



studyscratch







[1] Texte disponible sur le site « Radio Islam »,
animé par le révisionniste d’origine marocaine Ahmed Rami.

[2] Ouvrage paru en 2002 aux éditions Déterna (Paris).
Voy. plus particulièrement le chapitre intitulé :
« Sur quelques mensonges qui ont la vie dure » (pp. 100 et suivantes).

[3] Voy. Le Matin, 31 juillet 1936, p. 3.

[4] Voy. Paris-Soir, 31 juillet 1936, p. 1.

[5] Voy. Jacques Hereng et Carlos De Veenes, Olympiades.
Un rétrojournal des jeux olympiques de l’antiquité à 1988 (éd. CGER, Anvers, 1988), p.57.

[6] Voy. La Dernière Heure, 7 juillet 2006, p. 6.

[7] Voy. Le Matin, 3 juillet 1936, p. 4.

[8] Voy. Le Matin, 4 août 1936, p. 4.

[9] Voy. Le Matin, 17 août 1936, rubrique : « La vie sportive ».

[10] « infirma mundi elegit Deus ut confundat fortia » (I, Cor, I, 27).

[11] Voy. L’Ami du Clergé, 1937, pp. 310 (col. B) et 311 (col. B).

[12] Voy. F. Prat, La théologie de S. Paul, I, p. 107 ;
cité par L’Ami…, op. cit., pp. 311-2.

[13] Voy. L’Ami…, op. cit., p. 312.

[14] Voy. J. Hereng et C. De Veene, Olympiades…, déjà cité, p. 65.

[15] Id. Dans son ouvrage, P. Gauthier prétend qu’il s’agissait véritablement
du salut hitlérien. Il écrit que

« lors de la cérémonie d’ouverture, la délégation française […] entra dans le stade
le bras levé “à la romaine”, c’est-à-dire avec le salut hitlérien, sans paraître
en être très complexée
»
(Voy. P. Gautier, Le racisme anti-allemand, déjà cité, p. 102).
C’est une erreur. Interrogé le lendemain du défilé, un des dirigeants
de la délégation française déclara :

« Nous avons défilé non en faisant le salut hitlérien, mais bien le salut olympique,
qui se faisait bras droit levé, mais avec une inclinaison toute différente.
Tous les autres athlètes effectuèrent d’ailleurs le même salut
»
(voy. Paris-Soir, 3 août 1936, p. 9).

[16] Voy. Paris-Soir, 30 juillet 1936, p. 8.

[17] Voy. Olympiades…, p. 45.

[18] Voy. Paris-Soir, 17 août 1936, p. 8.

[19] Voy. le Bulletin Officiel du Comité international olympique,
n° 32, septembre 1936, p. 18.

[20] Voy. Le Matin, 2 août 1936, p. 6.

[21]
« La plupart des athlètes anglais et américains ont protesté vigoureusement
contre cette entorse au programme, car ils refusent de courir un dimanche,
jour du seigneur
» (voy. Olympiades…, p. 23).

[22] Voy. Olympiades…, p. 52.

[23]
«Je demeure hostile à la participation des femmes aux Jeux, avait-il déclaré
quelques semaines avant l’ouverture des JO d’Amsterdam en 1928.
C’est contre mon gré qu’elles ont été admises à un nombre grandissant d’épreuves »
(Id
.).

[24] C’est d’ailleurs à ces Jeux de 1904 qu’un premier athlète noir remporta
une médaille olympique.
Il s’agissait de George Poage, troisième aux 200 m et 400 m Haies.

[25] Voy. Olympiades…, p. 28.

[26] Voy. Olympiades…, p. 64.

[27] Voy. Paris-Soir, 23 juillet 1936, p. 9.

[28] Voy. Paris-Soir, 8 août 1936, p. 8.

[29] Voy. Paris-Soir, 31 juillet 1936, p. 8.

[30] Voy. Paris-Soir, 2 août 1936, p. 8.

[31] Voy. Paris-Soir, 3 juillet 1936, p. 9.

[32] Voy. La Libre Belgique, 1er août 1986, p. 11.

[33] Voy. Le Matin, 4 août 1936, p. 4.

[34] Voy. Paris-Soir, 4 août 1936, p. 10,
le cliché montre Hitler félicitant Mlle Fleischer qui porte le dossard n° 871.

[35] Voy. Découvertes, octobre 1972, p. 8.
l’auteur cite Minute, n° 542, 30 août 1972.

[36] Voy. Paris-Soir, 5 août 1936, p. 1.

[37] Voy. Paris-Soir, 5 août 1936, p. 6.

[38] Voy. Le Matin, 4 août 1936, p. 4.


[39]
J.Thorpe fut obligé de rendre toutes les médailles qu’il avait remportées.
Celles-ci devaient être remises au Norvégien Fernand Bie et au Suédois
Hugo Wieslander.
Mais en signe de solidarité avec le malheureux Indien, les deux athlètes refusèrent
d’en prendre possession. Ce genre de geste, hautement sportif, fut courant
lors des premiers Jeux.
Rappelons qu’en 1896, en Grèce, dans l’épreuve du 100 km à vélo, le Français
Léon Flameng était en tête devant son principal adversaire le Grec Kolettis.
Celui-ci fut soudainement victime d’un incident technique et dut mettre pied à terre.
Alors qu’aucun règlement ne l’y obligeait, le Français s’arrêta à son tour
et attendit que Kolettis puisse repartir.
Lorsque Flameng passa la ligne d’arrivée le premier, le public grec, admiratif face
à ce fair-play, l’acclama comme il aurait acclamé la victoire d’un compatriote.


[40] Voy. Olympiades…, p. 63.

[41] Voy. Le Matin, 5 août 1936, p. 6.

[42] Voy. Olympiades…, p. 63.

[43] Voy. Mein Kampf (éd. française, N.E.L., 1934), p. 289.
Voy. également p. 288 :
« Tout ce que nous admirons aujourd’hui sur cette terre ,science et art,
technique et inventions , est le produit de l’activité créatrice de peuples
peu nombreux, et peut-être, primitivement, d’une seule race
. »

[44]
« Stoller et Glickman […] sont aussi les seuls athlètes juifs de l’équipe américaine »
(voy. Olympiades…, p. 65).

[45] Voy. Olympiades…, p. 65.

[46] Voy. Le Matin, 9 août 1936, p. 6.

[47] Voy. Le Matin, 9 août 1936, p. 6.

[48] Voy. Olympiades…, p. 65.


Dernière édition par Jean Bart le Mar 16 Aoû - 6:29, édité 3 fois
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Re: Les JO de Berlin en 1936 : Légendes et réalité.

Message par Invité le Lun 19 Aoû - 15:07

On ne nous l'a pas appris à l'école.

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Re: Les JO de Berlin en 1936 : Légendes et réalité.

Message par Jean Bart le Sam 24 Mai - 13:25

Invité a écrit:On ne nous l'a pas appris à l'école.

Surtout pas ! il faut que le nazisme garde l'image du diable incarné,
comme Saddam Hussein, Bachar El Assad et bientôt Poutine....
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Re: Les JO de Berlin en 1936 : Légendes et réalité.

Message par Rudolf le Lun 15 Aoû - 18:19


Berlin 1936, Jeux Olympiques d'été.






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Re: Les JO de Berlin en 1936 : Légendes et réalité.

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